CINÉMANIE est un ciné-club associatif qui permet la diffusion de films
d'auteurs,
en partenariat avec le CINE- CASINO
d'Auxerre. L'association se réunit tous les premiers mardis du mois au Foyer des Jeunes Travailleursà Auxerre à 18h30
(plan
mappy) Contacts : Cinémanie
350 rue du stade 89000 St-Georges s/B Tel : 03 86 48 10 68
Lors de la réunion de programmation du 12 octobre 2009, les 12 personnes présentes ont établiune liste de 11 films ;
Les 7 titres du tableau suivant ont été retenus par le Ciné-casino
Avec, dans leurs propres rôles : La Chucky, La Liro, La Wizard, El Bamban, Little Crazy, El Moreno…
Originaires de toute l’Amérique centrale, des ados déboussolés, immigrés économiques et politiques devinrent, en une dizaine d’années, des
organisations criminelles, hiérarchisées. Exilés de leur pays en guerre, de nombreux ressortissants du Salvador se réfugient aux USA, notamment à Los Angeles.
Ceux qui revinrent dans un pays ravagé par la guerre civile y rapportèrent la culture des gangs. Ces gangs ont été surnommés maras en référence aux marabuntas, ces
fourmis carnivores qui détruisent toute vie sur leur passage. Deux bandes rivales se partagent la rue : la "18" et la "Mara Salvatruca".
Pendant un an, Christian Poveda, la caméra à l’épaule, a filmé, avec l’assentiment de la Mara 18, la vie quotidienne d’une bande d’adolescents et de jeunes adultes
(moyenne d’âge 16/18 ans – à 26 ans on fait figure de patriarche). Les membres des maras sont tatoués de la tête aux pieds ; le tatouage sert de reconnaissance
d’appartenance à une "famille" mais les transforme aussi en cible permanente. C’est une véritable société d’adolescents. Les règles du gang sont élaborées avec ses
lois, son règlement intérieur et sa morale. Abandonnés, les adolescents trouvent dans ces bandes une communauté, un sentiment de sécurité, une communauté qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs.
Tranchant avec le dénuement et l’insécurité ambiante les "pandilleros" ne réclament ni la pitié, ni la charité : ils veulent seulement obtenir le droit de vivre dans la dignité, la
sécurité, afin de pouvoir exister tout simplement, protégés, par les droits constitutionnels. Ceux qui tentent d’échapper à l’influence des gangs et trouver une forme de vie "normalisée"
n’échapperont pas à l’acharnement policier et à l’incompréhension de la justice. Pour les jeunes de ces deux gangs ennemis, l’avenir c’est la prison ou la mort, les deux souvent.
Avec ce document exceptionnel, qui ne peut nous laisser indifférents, Christian Poveda tire la sonnette d’alarme face à une situation extrême désespérée, à laquelle
les pouvoirs publics n’ont su répondre que par une répression sécuritaire et
sauvage.
(documentation recueillie sur le site officiel www.lavidaloca-lefilm.fr ).
Danielle Lemitre
Horaires des séances
jeu. 17 Décembre19h45
ven. 18 Décembre
14h00 sam. 19 Décembre 16h30 dim. 20 Décembre
19h45 lun. 21 Décembre
16h30 mar. 22 Décembre19h45
Christian POVEDA, grand reporter franco-espagnol, a été assassiné le 2 septembre 2009 dans la banlieue de San Salvador
alors que son documentaire allait sortir sur les écrans. Il a payé de sa vie, une enquête exceptionnelle, sans concession, sans préjugé, au cœur des gangs les plus violents d’Amérique latine, les
Maras. A l’opposé d’un film spectacle, la Vidaloca est un film empreint d’humanité allant au bout de la haine et du désespoir de ceux qui n’ont
jamais rien eu. De toute évidence, El Salvador est devenu un exemple universel, à travers le phénomène des gangs, de ce que les états peuvent entretenir de plus tragique, au moyen d’une
mondialisation outrancière, dans nos rapports Nord/Sud.
Synopsis : Frederick Wiseman, pionnier du cinéma documentaire, a installé sa caméra durant douze semaines au cœur de l'Opéra de Paris. Des ateliers de couture
aux représentations publiques où brillent les étoiles, ce film nous entraîne dans les coulisses de la prestigieuse institution et nous montre le travail de tous ceux qui donnent corps au
quotidien à des spectacles d'exception.
Faut-il être un spécialiste de la danse pour apprécier ce documentaire précis et fouillé nous dévoilant les coulisses de l’opéra Garnier ? Peut-on s’extasier
devant cette succession de plans et d’images en étant totalement néophyte ? Oui ! Et c’est là tout l’intérêt de ce film.
Frederik Wiseman, en s’intéressant à un univers clos et secret, prestigieux et noble artistiquement parlant, toujours en quête de la pureté gestuelle, nous donne
une véritable leçon de cinéma.
Ses plans séquences sont magnifiques, sa caméra est souple et passe d’un univers à un autre, reconstituant la préparation de sept ballets, des répétitions aux
spectacles.
Frédérik Wiseman s’est immergé dans cet univers pendant 3 mois et a décidé de tout filmer.
Vous verrez tout de l’opéra Garnier, des plafonds à la scène, des répétitions à la restauration, des couloirs, des escaliers, beaucoup d’escaliers, des souterrains,
des toits, des bureaux et des gens, des personnages ; une multitude ; qui se croisent et vivent dans ce labyrinthe luxueux dirigé par Brigitte Lefèvre, reine mère, déesse sanctifiée aux
yeux des danseuses et danseurs qu’elle côtoie.
C’est peut être le seul personnage que nous arrivons à reconnaître dans ce documentaire et c’est parfois frustrant. Car le parti pris du réalisateur de ne rien
vouloir expliquer au travers d’une voix off, de ne rien vouloir donner comme indications au travers d’inscriptions, ne serait ce que les noms des personnes et leurs fonctions, montre souvent ses
limites. En souhaitant rapprocher son documentaire de l’art qu’il a filmé, le réalisateur a sans doute voulu restituer une œuvre pure comme la danse. Cette pureté désarçonne car, si le cinéma et
le genre documentaire sont bien connus du public, l’opéra Garnier ne l’est pas. Et cela nous oblige à suivre les méandres de la caméra sans repères.
Ce n’est pas détestable, loin de là. On se laisse porter par les sons et discussions perçus ici et là, dans les couloirs, au travers de portes d’ateliers de
couture, de bureaux administratifs ou de salles de répétitions. On assiste à la création, au travail des danseurs et danseuses, à leur souffrance physique, musculaire mais aussi psychologique. On
s’amuse des disputes des chorégraphes. On se passionne de ces démonstrations de talent et des efforts effectués pour atteindre la grâce, la pureté et la perfection.
Et, on doute également, on s’interroge comme cette danseuse qui enchaîne rôle sur rôle et qui s’épuise physiquement. Le temps passe vite, trop vite aussi bien pour
ces étoiles que pour nous spectateurs. Ce film est une référence, qui deviendra sans aucun doute aussi institutionnelle que son sujet.
Christophe Augis
Horaires des séances
jeu. 10 Décembre19h00
ven. 27 Décembre
14h00 sam. 28 Décembre 16h30 dim. 29 Décembre19h00 lun. 30 Décembre 16h30 mar. 01 Décembre19h00
Scénario : Jacques Rivette, Christine Laurent, Pascal Bonnitzer.
Avec : Jane Birkin, Sergio Castellitto, AndréMarcon, Jacques Bonnaffé, Julie
Parmentier...
Des films de Rivette passés à Auxerre :La Religieuse; La Bande des quatre ; La Belle noiseuse ; Jeanne la Pucelle, les batailles ; Jeanne la Pucelle, les prisons ;
Ne touchez pas à la hache…..entre autres.
À la veille de la tournée d’été, le propriétaire et fondateur d’un petit cirque décède brutalement. La troupe,
pour essayer de sauver la situation, décide de faire appel à sa fille aînée Kate (J. Birkin). Bien que cette dernière ait quitté le cirque depuis une quinzaine d’années, elle accepte,
à la surprise générale, de mettre fin, provisoirement, à ses activités actuelles et de les rejoindre.
Vous allez voir la piste aux étoiles, une toute petite piste aux étoiles donnée au pied d’une montagnette des
Cévennes, dans un petit village plus que calme… mais où sont donc passés les éventuels spectateurs ? et les touristes ? Cependant, il y a tout pour faire un cirque : le lanceur de
couteaux, le trapèze du risque (est-il bien accroché ?), les clowns forcément tristes qui, derrière leur maquillage outrancier, ravalent leurs hantises et les ratés de leur propre existence,
la petite trapéziste, jamais dans les airs, pleine de fougue et de jeunesse. Il y a Kate qui traîne sa misère affective en cherchant des couleurs pour teindre la laine. Elle est meurtrie
mais elle fait l’effort de revenir dans le cirque pour qu’il ne meure pas prématurément comme son père, le patron. Et ce retour vers la cause de ses douleurs sera peut-être
salvateur !!!
Et puis il y a le « play boy », Vittorio (Sergio Castellitto) envoûtant, charmeur, charismatique
dans sa belle auto. Il illumine l’écran de son accent, de sa joie, de sa drôlerie malgré un choix de vie étrange. Personnage mystérieux, à la fois passeur, intercesseur, sauveur, spectateur
unique et privilégié dans le cirque. Il va s’insérer délicatement dans ce mini univers, partager son humanité et chercher à percer un mystère, celui de la princesse triste.
Film déroutant, poétique, burlesque et empreint d’une
douce mélancolie. C’est du Rivette : intelligent, drôle, d’une grande fraîcheur d’esprit tout en conservant une grande profondeur et beaucoup de gravité.
Avec : Zohar Strauss, Ran Danker, Tinkerbell, Tzahi Grad...
Voici le premier long métrage de ce réalisateur israélien, né en 1975, qui a fait ses études de cinéma à l'Université de Tel-Aviv. « Tu n'aimeras
point est un projet qui a mûri et évolué pendant sept ans » (H. Tabakman, interview réalisée par le C.N.C.)
Aaron est boucher dans la communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalem. Il est marié, père de quatre enfants. Un jour, lui arrive Ezri, étudiant en quête d'un toit
et d'un travail. Il l'embauche, en tombe amoureux.
Dans la religion juive, les croyants doivent respecter les nombreuses Mitzvot (prescriptions) d'un Livre de Maïmonide datant du 12e siècle, le Sefer
Hamitzvot.
Au début, les amants vivent leur passion en secret. Le rabbin explique : Dieu n'a pas créé un monde défectueux, le défaut n'existe pas –le défaut, ici, étant
l'homosexualité.
Si elle n'existe pas, comment la vivre ?
Aaron est déchiré entre l'amour solide qui le lie à son épouse, Rivka, et sa liaison avec Ezri, qui finit par être connue de la communauté. En effet, tout le monde
sait tout et chacun surveille l'autre en permanence dans ce microcosme étouffant. Le rabbin intervient, remet les égarés sur le chemin. Ses arguments : Dieu ne cherche pas à nous perdre, au
contraire. S'il nous inflige des épreuves, c'est qu'elles sont surmontables. Le pécheur, en surmontant ses épreuves avec humilité, devient un juste. Aaron est un humble, ce qui nous
touche encore plus.
Ce qui frappe dans ce film, c'est la sobriété, presque la rudesse du traitement. Pas une once de mélodrame. Le déchirement d'Aaron n'en apparaît que plus fort. On
est loin des scènes de désespoir hystérique de certains personnages d'Amos Gitaï.
Chaque geste d'Aaron et Ezri est symbolique, que ce soit dans un contexte religieux (le rite de purification) ou professionnel (efforts physiques, ensemble à la
boucherie). Ils apparaissent globalement comme des gestes de compagnonnage, mais dont la frontière ténue basculera du côté de la sensualité, de la sexualité.
Il est question de chair dès le début : premiers plans sur la boucherie. Le désir vient ensuite, quelle que soit la brutalité du symbole. Et on y croit.
Rivka, l'épouse, est en retrait pendant la majeure partie du film, souffrant en silence, restant dignement à sa place. Mais quelle est-elle, cette place ? Dans la
culture juive, la femme est l'axe, la courroie de transmission. Au plus profond d'elle, Rivka le sait, et tient bon. D'ailleurs, lorsque Aaron sera brisé par la pression religieuse, c'est lui qui
implorera Rivka : « Protège-moi ».
Ce film très humain, à l'écriture absente de toute gratuité, donne à sentir tout un versant de la culture israélienne resté tabou au cinéma. (Tu n'aimeras
point a été tourné en secret dans le quartier des ultra-orthodoxes de Jérusalem).
De quoi enrichir notre regard, et découvrir un jeune réalisateur talentueux.
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