L’embellie actuelle du cinéma français, portée par des films tels que Bienvenue chez les ch’tis ou Astérix et les JO n’explique pas cet heureux constat. Notre sélection annuelle s’est "envolée" grâce à La graine et le mulet ; Sempre vivu, précédé d’un buffet, a été également, fort bien accueilli début septembre. Mais, mais…d’autres films, de bonne facture et primés en festival, ont subi un échec non mérité ; je pense à Battle for Haditha, projeté sur le W.E de Pâques. Alors faut-il continuer à proposer des œuvres difficiles, peu festives, à un moment où tout le monde a certainement envie d’envisager la vie sous un meilleur jour ? Pour nous, la réponse est claire ; c’est pourquoi nous envisageons de ne plus programmer des films difficiles sur des jours de fêtes ou de détente. Par contre, nous persévérerons dans la ligne qui est la nôtre depuis la naissance de notre association, en dépit des difficultés propres au cinéma dit du «milieu» (films aux budgets de réalisation situés entre 5 et 8 millions d’euros, qui constituent le cœur de nos programmations).
Réunissant 13 réalisateurs, scénaristes, distributeurs, producteurs et exploitants, le Club des 13, animé par Pascale Ferran – la réalisatrice de Lady Chatterley –, vient de publier " Le milieu n’est plus un pont mais une faille ", synthèse de 10 mois de réflexion. Afin de sauver le « cinéma du milieu » en grand danger et pour réduire l’influence du rouleau compresseur des grosses productions, le Club des 13 préconise, entre autres mesures, de doubler l’avance sur recettes, de taxer les bénéfices provenant des ventes de confiseries dans les multiplexes et de réserver l’attribution des aides publiques au producteur délégué, à l’exclusion des coproducteurs (chaînes TV). Profondément attaché au système actuel des aides au cinéma, le Club des 13 affirme qu’il est impératif de « restaurer les fonctions redistributives du système afin de corriger les dérives induites par la position de certains acteurs du marché » . Bien sûr, les télévisions font grise mine et menacent de produire moins de films. Par contre, les films les plus fragiles, ceux qui s’inscrivent dans « la diversité culturelle » s’en trouveraient revigorés, la distribution des films français à l’étranger plus offensive. Ces informations ont attiré notre attention et nous avons pensé qu'elles pouvaient vous intéresser. Nous espérons que la réflexion des 13 portera ses fruits et, en particulier, que les investissements vers les films peu ou prou formatés pour la télévision ne prendront pas le pas sur les œuvres des réalisateurs dont nous apprécions le langage spécifique et l'originalité ! Notre catalogue de films s’en trouvera enrichi !
Quoiqu’il en soit, en attendant la rentrée de septembre, certains d’entre nous iront, dans différents festivals, visionner des films nouveaux afin qu’en juin nous puissions effectuer le choix, toujours délicat, des films de la rentrée.
Passez un bel été, au soleil si possible mais aussi dans les salles de cinéma !
Pour approfondir le travail du Club des 13 allez sur le site des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs :
http://www.larp.fr/article.php3?id_article=784&actu# link
J.M Carré
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