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Vendredi 28 août 2009

DEPARTURES : une agence de voyages ?

 

 

DEPARTURES (Okuribito)

 

Japon – 2008 ; sortie en juin 2009

Durée : 2h11

Réalisation : Yojiro Takita

Scénario : Kundo Koyama ; d’après l’œuvre  de Shinmon Aoki.

Avec : Masahiro Motoki, Ryoko Hirosue, Tsutomu Yamazaki…

 

Premières images, un blanc de neige, une route noire, un majestueux 4x4 noir, à l’intérieur deux hommes habillés de noir, un trentenaire, un sexagénaire – silencieux.

 Et c’est le jeune, en voix off, qui se raconte : il était à Tokyo, violoncelliste   dans un orchestre symphonique et le voici sur une route de province, débutant dans son nouveau métier, assis à côté de son  nouveau patron. Son nouveau métier ? Toiletteur et maquilleur de cadavres ! Sur un appel de portable, il faut se rendre à la maison mortuaire, comprendre en un clin d’œil la situation familiale, agir de la façon la plus juste, avec les gestes et les objets   requis, calmement, visage à la fois sans expression et plein de respect et même de tendresse.

Il y a aussi une petite jeune femme à qui son amoureux mari a promis de visiter le monde avec l’orchestre dont il est un des violoncellistes récemment engagé, mais faute de public assidu, l’orchestre est dissous ; elle accepte, enthousiaste, d’aller s’installer en province dans la vieille maison de bois héritée de sa belle-mère. Il y a la  recherche d’un emploi, cette « agence de voyages » et l’entretien d’embauche avec ce patron un peu mystérieux.

Et il y a la patronne, tenace, du dernier établissement de bains publics, témoin d’un temps révolu, chacun disposant maintenant d’une salle d’eau chez soi.

La machine est en route. Chacun cache un secret. Tout le monde essaie de faire bonne figure. Jour après jour, la vie quotidienne fait surgir de nouvelles situations, de nouvelles questions – pour ces japonais qui parlent japonais, mais se comprennent surtout par leurs silences et leurs regards attentifs, éperdus –, pour nous occidentaux vivant en citadins coupés de nos rituels anciens, rarement confrontés à la mort et aux morts, aux corps sans vie, sauf un    passage dans une morgue d’hôpital, mise en bière rapide, ou aux morgues de cinéma dans les films ou les séries policières.

En fait, durant un peu plus de deux heures, nous sommes confrontés aux façons de faire des japonais, à la pratique d’un métier étrange, mal aimé – et à nos interrogations intimes sur nos manières de dire adieu à nos chers « disparus ».

Un film réconfortant grâce à l’amour revivifié des deux jeunes gens et à la fragile sagesse du patron de l’agence, un aimable maître à penser.

Odette Bellevenue

Horaires des séances  

   jeu. 17  Septembre   19h30

  ven. 18  Septembre   14h00
 sam. 19  Septembre   16h30
  dim. 20  Septembre   19h30
  lun.  21  Septembre   16h30
  mar. 22  Septembre   19h30


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Vendredi 28 août 2009

« Obama en fanfare »

 

MARCHING BAND

 

France – 2008 ; sortie en Août 2009

Durée : 1h35

Réalisation : Claude Miller, Héléna Cotinier, Pierre Nicolas Durand

 

2008 : élection du 44e Président des États-Unis.

Au sein des universités, les fanfares des campus – appelées les Marching Band – ont été plus qu’impliquées dans la campagne électorale. Particulièrement populaires aux États Unis, elles reflètent les valeurs de  toutes les couches de la société multiraciale américaine. Elles offrent, au public qui en raffole, des parades euphorisantes, hautes en couleurs musicales et visuelles. Ce film, porté par l'extraordinaire énergie de ces  Marching Bands, dresse un portrait de la  jeunesse américaine d’aujourd’hui et montre la position de ces étudiants en face d'une échéance politique qui va sans doute changer leur vie et, avec elle, la face du monde.

 

La rentrée de Cinémanie se fera cette année en fanfare avec ce documentaire qui nous dévoile une autre facette de l’Amérique avec un grand « A » : les « Marching Band », ces fanfares universitaires avec leurs majorettes clinquantes, acrobatiques et pétillantes.

Ces fanfares traditionnelles universitaires, la « University of Virginia » et la « Virginia State University » se dévoilent devant la  caméra au travers de témoignages, répétitions, chorégraphies et défilés dans les villes et les stades. Comme dans I feel Good, de Stephen Walker, le réalisateur s’attache à montrer l’énergie communicative que se transmettent les étudiants au travers de la musique et comment cette musique et cet  esprit de groupe ont changé leur destin ou leur vie. Véritable facteur d’intégration sociale, dans un état du Sud des États-Unis, la Virginie, où les tensions entre les communautés sont encore très fortes, ces  étudiants blancs et noirs trouvent en grande partie leur voie et leur motivation dans ces fanfares qui leur permettent, comme le dit l’un d’eux, « de réussir autrement que  comme un voyou ou un joueur de basket ».

Mais ce film ne serait qu’un simple documentaire sur les fanfares s’il n’avait pas été tourné à quelques mois de l’élection présidentielle américaine. « L’Obamania » au travers des étudiants américains. S’inscrivant alors dans une démarche historique, les interviews sur la jeunesse américaine prennent un tout autre sens. Leur implication  civique, leur désir de changement, leur impression d’écrire l’histoire en allant voter pour la première fois, le «revival» du rêve américain, tous ces thèmes sont abordés  au cours du film. Le réalisateur a même l’audace de jouer la carte du suspense quant au  résultat de cette élection. Claude Miller, entouré de deux jeunes documentaristes afin de créer le moins de distance possible entre les étudiants et eux mêmes, intègre images d’archives, meetings, shows télévisés afin de nous faire revivre, pour ceux qui l’ont oublié, la campagne présidentielle et tente, au travers des ces fanfares et cette masse d’étudiants pro-Obama de nous faire partager cette  énergie citoyenne.


Le film  dure 1h35 et on ne peut que regretter que tous les thèmes abordés ne soient pas plus approfondis. Le réalisateur n’a pas su prendre assez de distance pour appuyer ses thématiques et son film ressemble à ces « Marching Band » : un melting pot superficiel à plumes.

Christophe Augis

 

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Vendredi 22 mai 2009
  Patrick Mario Bernard    
  Pierre Trividic
du 07 au 12 Mai
 Philippe Béziat  du 14 au 19 Mai
 Gianni Di Gregorio  du 21 au 26 Mai
 R. Ashley, M. Engel,
 R. orkin
 du 28 Mai au 02  Juin
 Horatiu Malaele  du 04 au 09 Juin
 Na Hong-Jin  du 11 au 16 Juin
 Walter Salles et
 Daniela Thomas
 du 18 au 23 Juin

LUNDI 18 Mai à 19h45 :
La projection de Pelleas et Mélisande sera suivie d'un débat animé par le J.M Singier, compositeur et  professeur d'analyse musicale au Conservatoire de Musique d'Auxerre


Du samedi 27 Juin au vendredi 03 Juillet 2009 : FÊTE DU CINÉMA
Pour l'achat d'une place au tarif habituel, un pass, remis au spectateur, donnera droit aux entrées à 3 € pour toutes les séances et pour tous les films durant ces 7 jours.

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Jeudi 21 mai 2009

Sao Paulo is black !

 

UNE FAMILLE BRESILIENNE

« Linha de passe »

 

Brésil / États-Unis -2008 ; sortie : mars 2009

Durée : 1h53

Réalisation : Walter Salles et Daniela Thomas

Avec : Sandra Corveloni, João Baldasserini, José Geraldo Rodrigues…

 

Sao Paulo. 20 millions d'habitants, 200 km d'embouteillage, 300 000 coursiers. Au coeur de cette ville en transe, quatre frères essaient de se réinventer de manières différentes.
Reginaldo, le plus jeune, cherche obstinément son père ; Dario rêve d'une carrière de footballeur, mais l'âge, 18 ans, le rattrape; Dinho se réfugie dans la religion tandis que l'aîné, Denis, déjà père d'un enfant, gagne difficilement sa vie. Leur mère, Cleusa, femme de ménage qui élève seule ses quatre enfants nés de pères différents, est à nouveau enceinte. À l'image d'un Brésil en état d'urgence et en crise identitaire, tous    cherchent une issue.

 

Après Carnets de Voyage , Walter Salles, accompagné de Daniela Thomas, sa compagne, revient à ses premiers amours : le Brésil, la famille, la pauvreté, thèmes déjà abordés dans Central Do Brasil, mais cette fois ci, sans le mélodramatique larmoyant. D’un réalisme sobre, il nous montre une ville tentaculaire, sombre, sale, loin de la carte   postale affichée habituellement, et suit le parcours d’une mère, Cleuza, et de ses 4 fils qu’elle a eu de pères différents. Différence de sang, différence de peau, différence de vie, différence de rêve, par un  subtil montage en forme de puzzle, le cinéaste brosse à petites touches les portraits sensibles et émouvants de ces cinq personnages et permet de réaliser une radiographie authentique de la société brésilienne actuelle. De Reginaldo, vrai-faux conducteur de bus, qui cherche son père et ses origines, Dinho, le croyant, le religieux, Denis, le coursier à moto qui veut gagner plus d’argent et Dario qui rêve de devenir footballeur professionnel, tous vont être confrontés à la dure réalité de l’argent et souffriront de cette discrimination sociale. Véritable pivot, pilier de cette fratrie non conventionnelle, la mère tentera de les raisonner, malgré sa situation également difficile : elle attend un cinquième enfant d’un père, une nouvelle fois, inconnu et devra faire avec pour gagner sa vie.

 

Tous galèrent sérieusement. Franchir la ligne, mettre à mal ses croyances et ses convictions pour se réaliser, affronter ses échecs, le titre « linha de passe » désigne un échange de passes entre joueurs d’une même équipe de football sans que le ballon touche le sol ou soit intercepté par l’équipe adverse. C’est en utilisant cette métaphore de la famille brésilienne qui tente de s’entraider dans cette société n’offrant que corruption, violence et pauvreté que Walter Salles construit son film à mi chemin entre la fiction et le documentaire. Car, au travers de cette famille, c’est tout un pays qu’il croque, un pays à la dérive qui s’accroche aux dernières planches du salut qui lui reste : la religion, l’argent, le football…. C’est triste, simple, attachant, émouvant et angoissant. Accompagné par la musique de Gustavo Santaolalla, n’hésitant pas à utiliser les rythmes de Carinhos Brown notamment pour filmer les scènes de football, un peu cliché il est vrai, la mise en scène reste identique pour chaque personnage. D’un rythme assez lent, on peut être surpris par la méthode « zapping », hachée, pour passer d’une   histoire à une autre mais on ne pourra rester insensible à l’excellent jeu des acteurs et à l’interprétation de Sandra Corveloni, qui a obtenu le prix d’interprétation féminine à Cannes en 2008.

 

Coloré, réaliste et juste, ce film ne vous laissera pas indifférent.

C.A

Horaires des séances  

   jeu. 18  Juin    19h45

  ven. 19  Juin    14h00
 sam. 20  Juin    16h30
  dim. 21  Juin    19h45

  lun.  22  Juin   16h30
  mar. 23  Juin   19h45

 

 

 

 

 

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Mercredi 20 mai 2009

Les ‘souris grises‘ se déchaînent...

 

LE DÉJEUNER DU 15 AOÛT

(Pranzo di ferragosto)

 

Italie - 2008  ; sortie en mars 2009

Durée : 1h16

Réalisation : Gianni Di Gregorio

Avec : Gianni Di Gregorio, Valeria Di Franciscis, Marina Cacciotti ...

Prix du Meilleur Premier Film au Festival de Venise 2008

Prix du public et prix Jean Carmet au Festival d’Angers 2009

L’affiche nous l’annonce tout de go : « le grand retour de la comédie Italienne ». Et s’il s’agit de traiter d’une situation sociale de notre temps avec sourire, cocasserie et bonhomie, oui c’est réussi !

Gianni, la cinquantaine, célibataire, sans emploi, vit seul avec sa vieille mère et se débat dans des soucis d’argent . Ils vivent dans un bel appartement mais n’ont pas payé les charges depuis longtemps et risquent des poursuites pour non-paiement. Le syndic a la solution, il apure la dette en échange d’un service : garder sa vieille mère et sa tante le week-end du 15 Août. Le médecin, ami de la famille, a lui aussi un problème : une garde à l’hôpital ; alors en échange d’une consultation gratuite, Gianni gardera sa mère !

Et voilà Gianni qui se retrouve avec quatre vieilles dames, au demeurant pas faciles à vivre, chacune enfermée dans son égoïsme et ses problèmes de santé.


Une chance, la cuisine et la préparation d’un gratin de pâtes, arrosé de petits verres de Chablis, va rassembler ces individualités sur la défensive.

Et petit à petit l’atmosphère va se détendre et les dames vont se lâcher, loin du poids de la discipline imposée par leurs enfants.

Le pauvre Gianni aura bien du mal à les calmer à coup de camomille au somnifère.

Tant et si bien que personne ne veut repartir le deuxième jour et Gianni doit trouver à manger dans Rome vide de ses habitants et de ses commerçants. Les billets de 100 € offerts par ces dames faciliteront ses recherches.

Mine de rien, cette comédie nous fait réfléchir sur cette situation, de plus en plus   fréquente, du vieillissement de la population et de sa gestion par la génération des cinquantenaires qui, au lieu d’être enfin  libres de vivre pour eux-mêmes, se retrouvent avec des parents vieillissants et vivants de plus en plus vieux.

Au fond, elles ne demandent pas grand- chose, ces ‘souris grises’ : de l’attention, rire, s’amuser, faire des bêtises et le droit de ne pas être cantonnées dans une vie quotidienne sans intérêt et sans surprise. C’est bien de nous le dire dans une Rome où on a envie de flâner !

Liliane Chatelain

Horaires des séances  

   jeu. 21  Mai    19h45

  ven. 22  Mai    14h00
 sam. 23  Mai    16h30
  dim. 24  Mai    19h45

  lun.  25  Mai    16h30
  mar. 26  Mai    19h45

 

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Mardi 19 mai 2009

Les 400 coups de Joey, 7 ans…

 

LE PETIT FUGITIF

 

États-Unis - 1953 ; reprise en février 2009

Durée : 1h20 ; Film en noir et blanc

Réalisation : Morris Engel, Ray Ashley, Ruth Orkin

Avec : Richie Andrusco (Joey), Richie Brewster (Lennie), Winnifred Cushing  (la mère),  Jay Williams (Jay)

 

Lauréat (ex-aequo avec 5 autres films) du Lion d’Argent à Venise en 1953.

Le New-York Times l’a classé parmi les 1000 films incontournables de l’histoire du cinéma

 

Grâce à la société Carlotta Films et à son travail de mémoire remarquable, Le Petit Fugitif trouve enfin une seconde vie auprès du public français.

 

Le Petit Fugitif raconte l’histoire d’un petit garçon de Brooklyn et d’une mauvaise  blague, de son grand frère Lennie, qui va se transformer en fugue quasi initiatique pour le gamin. Joey, sept ans, une petite bouille craquante criblée de taches de rousseur, deux dents en moins sur le devant, son révolver en plastique au côté, rêve de chevaux et de cow-boys. Nous sommes dans un quartier populaire de Brooklyn des années 50, mais les gamins qui jouent dans la rue ressemblent comme deux gouttes d’eau aux gamins photographiés par Doisneau à la même époque. On pourrait aussi se croire, par moments, dans un film néoréaliste italien. Aux détours des tribulations de Joey, c’est toute une époque et une atmosphère qui prennent vie.

 

Joey ne lâche pas son grand frère et ses copains ; il veut tout faire comme les grands. Irrités de le traîner toujours derrière eux, ils décident de simuler un accident de carabine. Persuadé d’avoir tué son frère, Joey prend la fuite pour échapper à la police qui, pense-t-il, le poursuit (après, tout de même, avoir chipé l’argent des commissions). Il va se retrouver à Coney Island, station balnéaire, véritable Luna Park, où les New-Yorkais des quartiers  populaires viennent se distraire quand il fait beau. Là, va commencer pour Joey deux jours d’aventures extraordinaires qui vont très vite effacer tout sentiment de culpabilité : tours de manège, hot-dogs, sodas, barbe à papa, il va s’en mettre jusque là avec l’argent des commissions, quitte à s’en rendre malade ! Il va rencontrer Jay au stand des poneys, un adulte cool, intrigué par ce petit garçon débrouillard et solitaire.

 

Morris Engel porte sa caméra légère (une nouveauté) à l’épaule, la pose à même le sol au niveau des yeux d’un enfant de sept ans. Le spectateur voit tout avec le regard émerveillé de Joey, il se faufile avec lui entre les jambes des passants, entre les corps étalés sur la plage. On a souvent envie d’arrêter certaines images, tellement la photographie en noir et blanc est belle. Truffaut, quelques années plus tard, expliquera que, sans ce petit film new-yorkais bricolé par deux photoreporters, caméra au poing,   ni Les 400 coups, ni A bout de souffle n’auraient vu le jour.

 

Splendide portrait d’enfant croqué sur le vif, reflet d’un New York aujourd’hui        disparu, et précurseur de la Nouvelle  Vague , Le Petit Fugitif est à voir par tous …de 7 à 77 ans.                                          

 Danielle Lemitre

Horaires des séances  

   jeu. 28  Mai    19h45

  ven. 29  Mai    14h00
 sam. 30  Mai    16h30
  dim. 31  Mai    19h45

  lun.  01  Juin   16h30
  mar. 02  Juin   19h45

 

 

 

 

 

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