DEPARTURES : une agence de voyages ?
Japon – 2008 ; sortie en juin 2009
Durée : 2h11
Réalisation : Yojiro Takita
Scénario : Kundo Koyama ; d’après l’œuvre de Shinmon Aoki.
Avec : Masahiro Motoki, Ryoko Hirosue, Tsutomu Yamazaki…
Premières images, un blanc de neige, une route noire, un majestueux 4x4 noir, à l’intérieur deux hommes habillés de noir, un trentenaire, un sexagénaire – silencieux.
Et c’est le jeune, en voix off, qui se raconte : il était à Tokyo, violoncelliste dans un orchestre symphonique et le voici sur une route de province, débutant dans son nouveau métier, assis à côté de son nouveau patron. Son nouveau métier ? Toiletteur et maquilleur de cadavres ! Sur un appel de portable, il faut se rendre à la maison mortuaire, comprendre en un clin d’œil la situation familiale, agir de la façon la plus juste, avec les gestes et les objets requis, calmement, visage à la fois sans expression et plein de respect et même de tendresse.
Il y a aussi une petite jeune femme à qui son amoureux mari a promis de visiter le monde avec l’orchestre dont il est un des violoncellistes récemment engagé, mais faute de public assidu, l’orchestre est dissous ; elle accepte, enthousiaste, d’aller s’installer en province dans la vieille maison de bois héritée de sa belle-mère. Il y a la recherche d’un emploi, cette « agence de voyages » et l’entretien d’embauche avec ce patron un peu mystérieux.
Et il y a la patronne, tenace, du dernier établissement de bains publics, témoin d’un temps révolu, chacun disposant maintenant d’une salle d’eau chez soi.
La machine est en route. Chacun cache un secret. Tout le monde essaie de faire bonne figure. Jour après jour, la vie quotidienne fait surgir de nouvelles situations, de nouvelles questions – pour ces japonais qui parlent japonais, mais se comprennent surtout par leurs silences et leurs regards attentifs, éperdus –, pour nous occidentaux vivant en citadins coupés de nos rituels anciens, rarement confrontés à la mort et aux morts, aux corps sans vie, sauf un passage dans une morgue d’hôpital, mise en bière rapide, ou aux morgues de cinéma dans les films ou les séries policières.
En fait, durant un peu plus de deux heures, nous sommes confrontés aux façons de faire des japonais, à la pratique d’un métier étrange, mal aimé – et à nos interrogations intimes sur nos manières de dire adieu à nos chers « disparus ».
Un film réconfortant grâce à l’amour revivifié des deux jeunes gens et à la fragile sagesse du patron de l’agence, un aimable maître à penser.
Odette Bellevenue
Horaires des séances
jeu. 17 Septembre 19h30
ven. 18 Septembre 14h00
sam.
19 Septembre 16h30
dim. 20 Septembre 19h30
lun. 21 Septembre 16h30
mar.
22 Septembre 19h30
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