Recommander

Dimanche 1 mars 2009

ÉDITORIAL

 

Droit de réponse : vous avez dit débat ? Parlons-en !

N

ous voudrions rappeler que notre asso­ciation, de par sa vocation, est tournée vers l'échange, le débat. Depuis le film La graine et le mulet, vu sur nos écrans au début de l'année 2008, bien des choses se sont passées. Certes, nous avons peut-être mal apprécié la portée de ce film, et n'avons nous pas mis en place un débat sur le thème de l'intégration. Veuillez nous par­donner.

D

epuis lors, « Vive le cinéma » a su organiser, construire et mener à bien plusieurs débats très riches quant au fond et surtout très originaux du fait des per­sonnes rassemblées pour exprimer des points de vue parfois en opposition. Nous voulons remercier, ici et maintenant, le Cercle Condorcet de ses participations à nos débats ; en effet, grâce à ses réseaux il nous a permis de découvrir des « personnes ressources » efficaces et très compétentes. Je ne prendrai pour exemple que ce film controversé : C'est dur d'être aimé par des cons de Daniel Leconte qui nous a fait la gentillesse de venir soutenir son film. Ce débat fut animé par Michel Morineau, adjoint à la culture de la ville d'Auxerre ; soirée très enrichissante et consensuelle malgré une thématique sulfureuse.

E

t puis, nous avons débattu sur la fin d'un monde paysan, dans une région de France, bien ciblée par Raymond Depardon dans le film La vie moderne. Sur le plateau des représentants des organisa­tions professionnelles agricoles du dépar­tement, qui, en s'appuyant sur ce très beau film, ont pu exprimer leur vision du monde rural actuel et envisager un futur possible. Sujet brûlant, des opinions par­fois opposées, c'est la loi du débat. Au moment où j'écris ces lignes un autre débat se construit autour du film Les bureaux de Dieu de Claire Simon. En outre, dans la programmation présente, vous pourrez voir que le film Il divo de Paolo Sorrentino sera suivi d'un débat avec, pour personne res­source, un journaliste italien, Alberto Toscano, très au fait de la démocratie chrétienne en Italie à la fin du XX° siècle.

N

ous avons bien perçu le message - paru dans le journal L'Yonne Républicaine-, dont les propos ne nous ont pas fait très plaisir. Pas de polémique, des mots ont été mal choisis par l'un, mal utilisés par l'autre ! Les choses sont dites, notre association as­sume ce qu'elle fait ; le débat est clos en attendant ceux que je viens d'annoncer.

Le président : JM Carré

 

Par Association Cinémanie - Publié dans : La lettre du président
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 1 mars 2009
Ci-dessous la liste des films qui seront projetés du 12 mars au 21 avril 2009

Ilan Duran Cohen   du 12 au 17 Mars              
 I feel good   Stephen Walker   du 19 au 24 Mars
Nuri Bilge Ceylan  du 26 au 31 Mars
  Les plages d'Agnès Agnès Varda  du 02 au 07 Avril
Courtney Hunt  du 09 au 14 Avril
Paolo Sorrentino   du 16 au 21 Avril

Les films proposés par Cinémanie mais qui n'ont pu être retenus :
    -  Des idiots et des anges film d'animation de Bill Plympton
    -  Le chant des mariées de Karin Albou
    -  Les seigneurs de la guerre de Peter Chan

MARDI 21 Avril à 19h45 :
projection de Il Divo suivie d'un débat animé par le journaliste italien
Alberto Toscano


Né en 1948 à Novare, entre Milan et Turin, Alberto Toscano a été chercheur à l'Institulo per gli Studi di Politica internazionale de Milan (ISPI, équivalent italien de l'IFRI), et rédacteur à l'hebdomadaire de l'ISPI Relazioni Internazionali de 1975 à 1982. On lui doit plusieurs livres sur l'Inde (1982), la Chine (1982) et le Tiers Monde (1976).
Chef du service de politique internationale de l'hebdomadaire Rinascita (1982-1984), puis grand reporter au quotidien l'Unita, Alberto Toscano s'installe à Paris en 1986 comme correspondant du quotidien économique milanais Italia Oggi, puis du quotidien l'Indipendente jusqu'à 1994, puis de l'hebdomadaire Panorama, centre gauche, le plus gros tirage de la presse magazine italienne.
Chroniqueur régulier sur TV5 depuis 1998, Alberto Toscano a participé depuis 2001 à un grand nombre d'émissions sur France Culture et France Inter, et collabore régulièrement à l'émission « On refait le monde » sur RTL. Il a reçu le prix Asti du journalisme en 2000 pour son activité de correspondant de presse en France. Président de l'Association de la presse étrangère (1996-1997), Alberto Toscano préside depuis 2001 le Club de la presse européenne de Paris.


Par Association Cinémanie - Publié dans : Programmes Cinémanie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 1 mars 2009

Essais kaléidoscopiques

 



France – Sortie : décembre 2008

Durée : lh5O

Scénario et réalisation : Agnès Varda

Assistantes : Julia Fabry, Rosalie Varda

Musiques des films de Varda et symphonie inachevée de Schubert

 

Autobiographie ? Sans doute. À reculons, des plages belges de son enfance jusqu'à Daguerreplage-les-Tamaris, en passant par ...

Agnès, la dame aux 80 balais, va et se raconte.


On sent ici que "la Glaneuse", au milieu de ses petits trésors, prend une décision ferme : « je vais faire ça », et imagination et tech­niques bricolantes inventent pour la caméra, sans compter ce qui nous est invisible : le long travail d'assemblage, la recherche de l'équilibre entre les fragments, le domptage des excroissances, enfin la confection d'une oeuvre totalement originale adressée à tous ceux qui voudront partager cette élégance malicieuse qui parle du temps avec humour et tendresse.


Beaucoup d'entre vous l'avez rencontrée avec Les Glaneurs et la Glaneuse. Son oeil, sa voix, ses mains vous sont familiers. Si vous n'avez pas vu La Pointe courte, Ô saisons, Ô châteaux, Opéra-Mouffe, L'une chante, l'autre pas, Cléo de 5 a 7, Sans toit, ni loi, Murs, murs... et lesautres, « allez vous faire foutre » comme dit Godard-Belmondo.


Tant pis, ils sont tous là, collage d'éclats émouvants. Ainsi que l'expo de photos de théâtre à Avignon (un Gérard Philippe de 5 mètres de haut...), et l'installation de la Fondation Cartier avec le passage du Goix, la tombe de Zgougou la chatte chérie, les veuves de Noirmoutier et la cabane en pelli­cules où Agnès habite, en plein cinéma.

Le Passé est si Présent, qu'on peut sans crainte penser au Futur de ceux qui nous survivront. Pas d'amertume, pas de regrets. Un sourire. Agnès ne dit-elle pas :  « Le souvenir du bonheur, c'est encore un peu du bonheur » ?

Odette Bellevenue

Horaires des séances  

   jeu. 02  Avril    19h45

  ven. 03  Avril    14h00
 sam. 04  Avril    16h30
  dim. 05  Avril    19h45

  lun.  06  Avril    16h30
  mar. 07  Avril    19h45




Par Association Cinémanie - Publié dans : Les fiches des films
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 1 mars 2009

Dérapages en terrain glissant...



FROZEN RIVER

 

USA – Sortie : janvier 2009

Durée 1 h37

Réalisation et scénario : Courtney Hunt

Avec : Melissa Leo, Misty Upham, Michael O'Keefe...

 

GRAND PRIX DU FESTIVAL DE SUNDANCE 2008

 

Comme beaucoup, sans doute, je pensais que le problème de l'émigration sauvage aux Etats-Unis se situait à la frontière mexicaine, où des hommes en armes font la chasse aux chicanos et autres latinos...

Mais en hiver, à l'autre bout des Etats-Unis, au nord de l'état de New-York, des chinois, des pakistanais, cachés dans le coffre de passeurs, en majorité des indiens Mohawks, tentent de traverser la frontière entre le Canada et les USA, sur le Saint-Laurent gelé, et d'échapper à la traque des flics. La juridiction de ces derniers s'arrête aux portes de la réserve indienne, sous contrôle de la police tribale, assez laxiste. « Les Mohawks font ça. Ce n'est ni bien, ni mal ; ils le font parce qu'il n'y a pas de travail. C'est juste un symptôme de l'absurdité de notre société. » (Courtney Hunt)

Près de cette réserve, vit Ray, une femme en situation précaire comme beaucoup de « petits blancs » de la région ; elle élève ses deux garçons dans un mobil-home déglingué. Son mari, flambeur invétéré, a pris la poudre d'escampette avec ses économies destinées à l'achat d'une maison longtemps espérée. Elle le poursuit jusque dans la réserve Mohawks. Elle va y rencontrer Lila, une jeune indienne teigneuse, qui vit, elle aussi, dans une grande misère matérielle et affective.

La confrontation entre ces deux femmes est violente, mais elles vont finir par se retrouver associées dans un trafic périlleux mais qui rapporte gros : faire traverser la rivière gelée à des immigrés paumés. La peur au ventre, elles vont devoir tromper la vigilance policière, et prier pour que la glace ne craque pas sous les roues de leur voiture.


Dans le rôle de Ray : une Melissa Leo formidable. Elle ne joue pas, elle incarne vraiment cette femme de caractère que la vie n'a pas gâtée, mais qui garde toujours l'espoir de s'en sortir. Ce rôle lui a valu le Prix d'interprétation féminine du Festival de San Sebastian et du Festival de Marrakech.

Loin des polars tonitruants et explosifs qui envahissent les écrans aujourd'hui, ce film vous séduira par la concision du récit, la sobriété de la mise en scène et l'originalité du sujet, tout à fait dépaysant. « Le film nous prend à bras le corps, notamment grâce à une montée en puissance de l'action et par ce sentiment de malaise dû au réalisme prenant de cette situation hors du commun et si terrible. Voilà un Grand Prix du Festival de Sundance qui n'a pas été volé ! » (commeaucinema.com)

Danielle Lemitre

Horaires des séances  

   jeu. 09  Avril    19h45

  ven. 10  Avril    14h00
 sam. 11  Avril    16h30
  dim. 12  Avril    19h45

  lun.  13  Avril    16h30
  mar. 14  Avril    19h45

 

Par Association Cinémanie - Publié dans : Les fiches des films
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 1 mars 2009

Le pape noir du pouvoir gris

 


IL DIVO

 

Italie – Sortie : 31 décembre 2008

Durée : 1h58

Réalisation et scénario : Paolo Sorrentino

Avec : Toni Servillo, Anna Bonaiuto, Paolo Graziosi, Flavin Bucci, Piera Degli Esposito...

 

PRIX DU JURY - CANNES 2008

 

IL Divo : masculin de la Diva, de l'italien déesse : cantatrice célèbre, mais aussi, de façon plus politique, un homme qui se prend pour le représentant de Dieu sur terre.

 

Le cinéaste et scénariste P. Sorrentino s'attache, dans son quatrième film, à reconstituer la vie et l'œuvre de l'une des figures les plus marquantes de la vie politique italienne qu'il domina entre 1972 et 1992 : il fut sept fois chef du gouvernement et ministre dans vingt-cinq autres…

Mai dans son film, Sorrentino s'attache plus particulièrement à la fin des années 80, alors qu'Andreotti est à l'apogée de sa puissance au sein de la démocratie chrétienne, sa famille politique, et donc du pouvoir qui a fait et défait l'Italie du boom économique.

Ce que révèle le film, à travers une description implacable des rouages du pouvoir, ce sont les intrigues tordues entre forces économiques et financières, politiciens corrompus liés à la loge P2, Mafia avide, et un Vatican omniprésent : la montée du PCI de Berlinguer affole les dirigeants économiques, les responsables politiques et les idéologues du monde occidental.

Et les séquences s'enchaînent, toutes plus spectaculaires et révélatrices les unes que les autres : Aldo Moro, chef de la démocratie chrétienne, enlevé et assassiné par un commando des Brigades rouges en 1978, a été lâché par son parti et Andreotti, opposés au compromis historique où DC et PCI devaient gouverner ensemble. Roberto Calvi, du Banco Ambrosiano, banque du Vatican qui recyclait l'argent américain destiné au syndicat polonais Solidarność, afin d'affaiblir le pouvoir de Jaruzelski, est retrouvé pendu sous un pont de Londres ; il a été étranglé par Francesco de Carola sur ordre de Cosentino et Andreotti : le banquier menaçait de tout révéler à la presse car il était poursuivi par le fisc.

Le spectateur suit, ébahi, Andreotti faire allégeance au Capo di Capo de la Mafia sicilienne, et les assassinats du général Dalla Chiera ou du juge Falcone qui en découlèrent tout logiquement. Andreotti n'avoue jamais ces faits, mais justifie tous ses actes politiques en se référant à sa foi chrétienne : « Toutes ces coïncidences sont-elles le fruit du hasard ou le fruit de la volonté de Dieu ? »

Andreotti marque profondément les pratiques politiciennes de l'Italie ; il comptait être récompensé par une élection triomphale à la Présidence de la République et, dans une séquence étonnante, Sorrentino reconstitue l'élection en 1992 d'Oscar Luigi Scalfaro par 672 voix contre 6 à Andreotti. Ce score scelle son échec et annonce le début de ses ennuis judiciaires.

Andréotti a été inculpé pour ses liens supposés avec la Mafia dans un procès commencé le 23 octobre 1999 à Palerme et il sera acquitté en octobre 2003. Totalement amnistie, à 89 ans, le sénateur à vie coule une retraite tranquille ... quelque peu troublée par ce film qu'il n'a pas du tout aimé.

Pour incarner une telle figure, Sorrentino fait appel à son acteur fidèle, Toni Servillo qui réalise une composition magistrale. Il est à la fois impassible, démoniaque, cauteleux ou tourmenté par ses migraines insupportables. Il fallait un comédien de cette stature pour s'imposer tout au long de ce film irrévérencieux.

Robert Gauthier-Moreau

Horaires des séances  

   jeu. 16  Avril    19h45

  ven. 17  Avril    14h00
 sam. 18  Avril    16h30
  dim. 19  Avril    19h45

  lun.  20  Avril    16h30
  mar. 21  Avril    19h45

La séance du mardi 21 Avril sera suivie d’un débat animé par Alberto TOSCANO, journaliste et écrivain italien.

 

 

Par Association Cinémanie - Publié dans : Les fiches des films
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 28 février 2009

 

« Yes, I can ! ))

  I Feel Good !

I FEEL GOOD

 

Grande Bretagne — sortie : décembre 2008

Durée : 1h48

Réalisation : Stephen Walker

Genre : documentaire musical

Avec : Joe Benoit, Helen Boston, Louise Canady...

 

Les Young@heart forment une chorale à part. Résidents d'une petite ville du Massachussetts, ses membres, âgés de 75 à 93 ans, parcourent le monde pour des concerts où ils interprètent, à leur manière, des classiques du rock ou de la pop, des Clash à Sonic Youth en passant par Radio-head ou les Talking Heads. Le documentariste Stephen Walker a suivi les Young@heart pendant la préparation d'un nouveau spectacle. Au fur et à mesure des répétitions, la chorale de seniors et son directeur, Bob Cilman, vont devoir faire un autre apprentissage : celui des réalités de la vieillesse...

 « And I feeeeeeeeeeel good !» a-t-on envie de crier dans la salle et de partager ce moment de bonheur avec cette chorale atypique et unique lorsque le générique de fin apparaît. Un sentiment de bien être, de confiance, d’enthousiasme, mais également l'impression d'avoir assister à une grande leçon de vie, voici ce qu'on peut ressentir à la vision de ce documentaire qui suit le travail d'une chorale de seniors américains dont la moyenne d'âge se situe autour de 80 ans.

Tout ceci serait bien banal si cette chorale ne s'évertuait pas à chanter des tubes rock dont ils arrivent à peine à prononcer les titres. Coldplay, Hendrix, les Rolling Stones, les Clash, Sonic Youth, James Brown, David Bowie, rien ne les arrête. On suit leur travail acharné sur des paroles et des rythmes qui décoiffent.

Cette chorale est drôle et attachante et on se surprend à être ému aux larmes en suivant le parcours de quelques uns. De Fred Knittle, 81 ans, chantant avec des tuyaux dans le nez et sa bouteille à oxygène, à Eileen Hall, 93 ans, interprétant « should I stay or should I go ? », ils parlent sans aucune gêne et souvent avec humour de maladie, de sexe, de l'ennui et de la mort qu'ils combattent à chaque instant.

Le réalisateur nous fait partager leur quotidien, leur intimité mais s'emploie surtout à nous montrer les performances de cette chorale hors du commun et la volonté de chacun d'eux de monter leur spectacle et de se produire sur scène. Alternant séances de répétitions, clips, interviews et concerts, Stephen Walker s'attache également à suivre le travail de Bob Cilman, qui dirige la chorale, et dont l'engagement humain et artistique est d'une force remarquable.

Émouvant, touchant, poignant et assurément drôle, ce documentaire nous fait partager cette aventure humaine, qui est aussi une prouesse artistique et musicale.

Un grand film, assurément.

Christophe Augis

Horaires des séances  

   jeu. 19  Mars    19h45

  ven. 20  Mars    14h00
 sam. 21  
Mars    16h30
  dim. 22  Mars    19h45
  lun.  23  Mars    16h30
  mar. 24  Mars    19h45

 

Par Association Cinémanie - Publié dans : Les fiches des films
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés