Espionnage éroticomique
France – sortie : novembre 2008 Durée : 1 h 38
Réalisation : Ilan Duran Cohen Avec : Jeanne Balibar, Marina Fo'r's, Lorant Deutsch, Julien Baumgartner, Caroline Ducey, Nathalie Richard, Dominique Reymond
Duran Cohen. réalisateur (La confusion des genres. en 2000. Les petits filsen 2004) et romancier publié chez Actes Sud, aime traiter de sujets graves avec humour, voire frivolité.
Le plaisir de chanter s'inscrit dans cette... tonalité ; quoique ce qui domine ici n'est pas la gravité, mais l'humour absurde et délirant induit par le scénario on ne peut plus zarbi !
Voici donc un faux polar, où les lois du genre sont détournées, dévissées jusqu'à une scène finale de fusillade complètement irréaliste.
Le sujet ? Il est question d'espionnage industriel, et d'une clé USB de la plus haute importance, détenue par une Jeanne Balibar irrésistible en grande naïve évaporée, veuve non éplorée d'un riche trafiquant d'uranium.
Et le chant, dans tout ça ? Le cours collectif de chant lyrique sert de terrain d'observation à deux espions qui s'y inscrivent comme élèves aux côtés de Jeanne Balibar, espérant arriver à mettre la main sur la fameuse clé.
Difficile d'étiqueter ce film « comédie musicale », bien que le chant y soit très présent. Il y est présent pour ce qu'il est : par un cours qui fait l'objet de multiples scènes où l'on assiste aux exercices de chant des élèves. Dans ces scènes, on a vraiment l'impression d'être dans le chant – dans le champ. La professeur de chant est même montrée dans son aspect "gourou", demandant à ses élèves de se désinhiber, d'exprimer leurs désirs profonds en ouvrant leur diaphragme (un cri jaillit : « Je veux un enfant! »). On est à peine dans la caricature de la psychologie de nombreux professeurs de chant, bien réels !
Le chant est présent aussi pour ce qu'il n'est pas, comme prétexte aux nécessités fantasques du scénario. Il induit un suspense et permet à l'action de dégénérer et de déraper. Le film bondit et rebondit ainsi, pimenté par un érotisme décalé, lui aussi ; par exemple, la liaison entre les deux espions, dont l'une est la supérieure hiérarchique de son jeune collègue... impuissant. D'autres séquences érotiques mettent en scène des couples improbables.
Ce film est indéfinissable, comme l'impression en demi-teinte qu'il m'a laissée en sortant. L'impression, peut-être, qu'il est difficile de jouer sur tous les tableaux sans en privilégier un seul. L'impression qu'on se promène beaucoup, mais pour arriver où ? Ce film séduira les amateurs de fantaisie débridée.
Notons, pour terminer, qu'il est rafraîchissant de constater que continuent d'exister des films comme celui-ci, libre et vif-argent. Vive le cinéma comme terrain de jeu où les règles échappent joyeusement aux protagonistes, autant qu'aux spectateurs.
Hélène Perret
Horaires des séances
jeu. 12 Mars 19h45
ven. 13 Mars 14h00
sam. 14 Mars 16h30
dim. 15 Mars
19h45
lun. 16 Mars 16h30
mar. 17 Mars
19h45
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