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Samedi 28 février 2009

Espionnage éroticomique

 

LE PLAISIR DE CHANTER

 

France – sortie : novembre 2008 Durée : 1 h 38

Réalisation : Ilan Duran Cohen Avec : Jeanne Balibar, Marina Fo'r's, Lorant Deutsch, Julien Baumgartner, Caroline Ducey, Nathalie Richard, Dominique Reymond

 

Duran Cohen. réalisateur (La confusion des genres. en 2000. Les petits filsen 2004) et romancier publié chez Actes Sud, aime traiter de sujets graves avec humour, voire frivolité.

Le plaisir de chanter s'inscrit dans cette... tonalité ; quoique ce qui domine ici n'est pas la gravité, mais l'humour absurde et délirant induit par le scénario on ne peut plus zarbi !

Voici donc un faux polar, où les lois du genre sont détournées, dévissées jusqu'à une scène finale de fusillade complètement irréaliste.

Le sujet ? Il est question d'espionnage indus­triel, et d'une clé USB de la plus haute importance, détenue par une Jeanne Balibar irrésistible en grande naïve évaporée, veuve non éplorée d'un riche trafiquant d'uranium.

Et le chant, dans tout ça ? Le cours collectif de chant lyrique sert de terrain d'observa­tion à deux espions qui s'y inscrivent comme élèves aux côtés de Jeanne Balibar, espérant arriver à mettre la main sur la fameuse clé.

Difficile d'étiqueter ce film « comédie musicale », bien que le chant y soit très présent. Il y est présent pour ce qu'il est : par un cours qui fait l'objet de multiples scènes où l'on assiste aux exercices de chant des élèves. Dans ces scènes, on a vraiment l'impression d'être dans le chant – dans le champ. La professeur de chant est même montrée dans son aspect "gourou", demandant à ses élèves de se désinhiber, d'exprimer leurs désirs profonds en ouvrant leur diaphragme (un cri jaillit : « Je veux un enfant! »). On est à peine dans la cari­cature de la psychologie de nombreux pro­fesseurs de chant, bien réels !

Le chant est présent aussi pour ce qu'il n'est pas, comme prétexte aux nécessités fantasques du scénario. Il induit un suspense et permet à l'action de dégénérer et de déraper. Le film bondit et rebondit ainsi, pimenté par un érotisme décalé, lui aussi ; par exemple, la liaison entre les deux espions, dont l'une est la supérieure hiérarchique de son jeune collègue... impuis­sant. D'autres séquences érotiques mettent en scène des couples improbables.

Ce film est indéfinissable, comme l'im­pression en demi-teinte qu'il m'a laissée en sortant. L'impression, peut-être, qu'il est difficile de jouer sur tous les tableaux sans en privilégier un seul. L'impression qu'on se promène beaucoup, mais pour arriver où ? Ce film séduira les amateurs de fan­taisie débridée.

Notons, pour terminer, qu'il est rafraîchis­sant de constater que continuent d'exister des films comme celui-ci, libre et vif-argent. Vive le cinéma comme terrain de jeu où les règles échappent joyeusement aux protagonistes, autant qu'aux specta­teurs.

Hélène Perret

 

Horaires des séances  

   jeu. 12  Mars    19h45

  ven. 13  Mars    14h00
 sam. 14  Mars    16h30
  dim. 15  Mars    19h45

  lun.  16  Mars    16h30
  mar. 17  Mars    19h45

 

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Samedi 28 février 2009

Les ténèbres de l'âme

 

LES TROIS SINGES

 

Turquie/France/Italie – Sortie : janvier 2009

Durée : lh49

Réalisateur : Nuri Bilge Ceylan

Avec : Yavuz Bingâf, Hatice Aslan,Ahmet Rifat Sungar, Ercan Kesal…

 

Prix de la mise en scène à Cannes 2008

Par le réalisateur d'Uzak et Les Climats

 

Une nuit, un homme politique exténué renverse un passant sur une route quasi-déserte. Il prend la fuite. À l'approche d'une échéance électorale importante, il propose à son chauffeur d'endosser la responsabilité de l'accident et d'aller croupir en prison à sa place, moyennant une forte récompense à la sortie. Le chauffeur passe donc par la case prison, laissant sa femme et son fils. Mais bientôt, la femme cède aux avances du politicien, terrassée par la puissance d'un désir insoupçonné. Un jour, le fils va découvrir l'infidélité de sa mère. Quand le mari sort enfin de prison, les silences, les secrets et les mensonges vont faire voler en éclats la cellule familiale...

Ce scénario de mélodrame tire son originalité de la façon unique qu'a Nuri Bilge Ceylan de filmer l'âme humaine, les silences, les fêlures des hommes et des couples. « Ce qui me pousse à faire des films, c'est cette volonté de comprendre notre monde intérieur qui ne peut être formulé rationnellement. ( ... ) C'est en connaissant mieux la part sombre de soi-même qu'on a l'espoir de s'améliorer ».

Cet intérêt pour la complexité psychologique se retrouve dans l'économie du récit : les actes dramatiques tels que l'accident ou l'adultère ne sont pas montrés tandis que la caméra scrute leurs conséquences à travers leurs réactions et les expressions du visage. Souvent ce sont des silences, comme dans la vie. Mais ils ne sont pas une figure de style vide et ennuyeuse comme on le voit parfois ; ils sont au contraire totalement justifiés, pleins, lourds de tensions. Ils résonnent des déchirements intérieurs des personnages car chacun a ses raisons, chacun souffre légitimement. Et dans cette situation il n'y a effectivement rien à dire, rien à faire. Ce parti pris de mise en scène donne ainsi l'impression de vivre ces moments avec eux et c'est avec une émotion intense que l'on sort de la séance.

Le plaisir ne s'arrête pas là. L'univers visuel de Nuri Bilge Ceylan est saisissant de beauté. On reconnaît à chaque plan l'oeil du photographe, lequel alterne de très gros plans pénétrer nous font pénétrer dans l'intimité des personnages avec des plans d'ensemble où la nature devient un personnage à part entière. Le ciel, lourd de nuages, enveloppe les personnages d'une lumière clair-obscur qui n'est pas sans rappeler certains tableaux romantiques de Friedrich.

Ceux qui ont aimé Les Climats se réjouiront de ce nouvel opus aussi complexe et plus intense que le précédent. Ceux qui ne connaissent pas encore, on ne peut que les inciter à aller découvrir l'un des réalisateurs les plus prometteurs de sa génération que beaucoup rapprochent d'Antonioni mais qui n'est pas sans rappeler non plus un Wong Kar Waï.

Céline Baraut

Horaires des séances  

   jeu. 26  Mars    19h45

  ven. 27  Mars    14h00
 sam. 28  Mars    16h30
  dim. 29  Mars    19h45

  lun.  30  Mars    16h30
  mar. 31  Mars    19h45

 

Par Association Cinémanie
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Samedi 7 février 2009
 

La programmation Cinémanie des prochaines semaines

The Visitor Thomas McCarthy du 08 au 13 janvier
Johnny Mad Dog Jean-Stéphane Sauvaire du 15 au 20 janvier
Semaine Télérama 7 films (voir ci-dessous) du 21 au 27 janvier
La vie moderne Raymond Depardon du 29 janvier au 03 février
Home Ursula Meier du 05 au 10 février
Tokyo ! Michel Gondry ;
Leos Carax ; Bong Joon-ho
du 12 au 17 février
Les bureaux de Dieu Claire Simon du 19 au 24 février

Des projections avec débats :

Jeudi 19 février à 19h30 : Les bureaux de Dieu .
           Projection du film puis débats


Information du Ciné-Casino :
Par anticipation sur la JOURNÉE DE LA FEMME du 8 Mars, le Ciné Casino proposera le tarif unique de 5,00 € à toutes les femmes qui viendront voir le film Les bureaux de Dieu.


Jeudi 15 janvier à 19h30 : projection de Corse, le mensonge radioactif de Jean-Charles Chatard et Eliane Parigi puis débat avec le réalisateur ; soirée à l'initiative de Sortir du nucléaire 89, L'Ecologie Les Verts, Forum social local 89.

Jeudi 29 janvier à 19h45 : Cinémanie et le Ciné-Casino d'Auxerre proposent une soirée autour du monde paysan avec le film La vie moderne de Raymond Depardon ; le film sera  suivi d'un débat avec des professionnels agricoles et le Cercle Condorcet pour faire le point sur la situation dans le département. Renseignements au 03.86.48.10.68 ou au 03.86.52.45.38.


La semaine Télérama (7 films) :

À BORD DU DARJEELING LIMITED   INTO THE WILD    JUNO    • SÉRAPHINE 
• VALSE AVEC BACHIR 
  • UN CONTE DE NOËL    HUNGER (int. moins de 12 ans)

Tarif unique : 3 € la place sur présentation du PASS TÉLÉRAMA


 

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Dimanche 1 février 2009
Jeudi 29 janvier : débat après la projection de La vie moderne  de Raymond Depardon, en présence d’A. Bataille (professeur d’histoire), G. Abry (président de la chambre d’agriculture de l’Yonne), F. Letellier  (président de fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles), F. Houchot  (représentant de la confédération paysanne) et Le Cercle Condorcet, co-animateur de la soirée avec Vive le Cinéma-Cinémanie.

Le film a semblé fort apprécié par le public ( plus de deux cents personnes) venu de la ville et du monde rural. Après qu’A. Bataille ait replacé le film documentaire dans notre époque et son site géographique, la parole a été donnée aux représentants professionnels agricoles qui se sont bien appuyés sur les images du film pour expliquer comment on en est arrivé à ces régions et ces hommes, laissés pour compte de l’agriculture européenne . La salle a réagi parfois vigoureusement aux propos du monde agricole tant sur le plan économique, qu’écologique et humain. Les dissensions entre les divers courants du monde agricole se sont manifestées ouvertement mais courtoisement.
Un buffet a permis de continuer les discussions plus librement.

Pour notre association, la soirée a été réussie ; elle prouve que nous sommes capables de créer  un événement sur la ville avec les moyens qui nous sont propres.
Le président J-M.Carré
     


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Lundi 26 janvier 2009

Du bonheur au malheur à 4 voies



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France / Belgique / Suisse – 2008

Sortie en Octobre 2008 : durée : 1h37

Réalisation : Ursula Meier

Avec : Isabelle Huppert,Olivier Gourmet, Adélaïde Leroux, Madeleine Budd...   

 

Premier long métrage de la réalisatrice suisse Ursula Meier.

L’argument est simple : une sympathique famille, le père, la mère et leur trois enfants a établi sa maison au bord d’une autoroute dont la construction a été abandonnée .Ils se sont bâti un petit monde qui tire profit de ce long tapis de bitume : piste de skate, de vélo, solarium etc … et surtout un univers ouvert et une aire de jeu paisible et sans danger. Un chemin de terre conduit à ce paradis du bout du monde qu’empruntent le facteur, le car de ramassage scolaire et bien sûr le père.

La mère et la fille aînée ne quittent pas leur havre de bonheur. On sent toutefois qu’au milieu de la gaîté familiale il y a des fêlures, mais sans plus et l’on se plaît à envier cet air de liberté totale dont jouit cette famille gentiment décalée …

Tout va basculer le jour où la radio annonce la reprise des travaux et l’achèvement de l’autoroute pour améliorer la vie des travailleurs qui iront plus vite au boulot mais pas celle de notre joyeuse famille !

Leur vie va virer au cauchemar après l’ouverture de l’autoroute qui n’est pas un     élément du décor mais un personnage à part entière, intimement lié à la psychologie de la famille. Ils vont tenter de s’en accommoder car ils sont pleins de ressources   imaginatives mais petit à petit ils vont sombrer dans l’angoisse et la névrose liées au bruit incessant qui les perturbe de jour comme de nuit.

 

L’intérêt du film réside dans la peinture de cette famille, illustrée par des comédiens au mieux de leur talent, pleins de fantaisie et de légèreté en dépit de la gravité du propos. Les enfants sont également très justes dans leur interprétation.

Le climat qui va s’alourdissant avec l’intensité du trafic est partagé par le spectateur qui étouffe peu à peu. On ressent physiquement les méfaits de la soi-disant amélioration des moyens de circulation qui fait des victimes co-latérales et pourrit la vie des hommes. Cette fable moderne nous amène  à réfléchir sur notre société qui fait peu de cas des humains, encore moins des chats (comprendront ceux qui auront vu le film !!).  

Une jeune cinéaste à découvrir et à suivre.

Liliane Chatelain 

Horaires des séances  

  
 jeud. 05  Février   19h45

  ven. 06  Février   14h00
  sam. 07  Février   16h30
  dim. 08  Février   19h45

  lun.  09  Février   16h30
  mar.10  Février   19h45

 

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Dimanche 25 janvier 2009

3 fois Tokyo en un ...

 

TOKYO !

 

France / Japon / Allemagne / Corée du Sud

Durée : 1h45 ;  Sortie le 15 Octobre 2008  

Réalisateurs : Michel Gondry, Leos Carax, Bong Joon-ho.

 

Tokyo ? vous connaissez ?

une ville excessive, inquiétante, indifférente.

 

Allons y ! le jeune couple d’Interior Desing, chez Michel Gondry, va nous servir de guide ! Ces deux jeunes provinciaux viennent à Tokyo pour réaliser leur projet de cinéastes inconscients. Budget ? néant ! ils s’imposent chez une amie bien intégrée, elle, dans cette société impitoyable où l’on accepte de courir au petit matin travailler puis de rentrer chez soi cuisiner, nettoyer, laver, repasser, dormir, le tout dans un minuscule studio (3 en 1). Donc dès maintenant, Lui va chercher des contacts pour vendre ses idées de génie. Elle, peu à peu, se détache, marche dans la ville, seule, désoeuvrée et des choses bizarres se manifestent, entrée subtile du fantastique japonais qui hante les objets, les fentes dans le mur, la nuit au coin des rues…

 

Vous commencez à y croire à cette ville ? Vous allez découvrir dans Merde de Carax le ras-du-sol puis les souterrains puants de l’impeccable cité, car voici que fait surface, c’est le cas de le dire, un Denis Lavant logé dans les égouts, véritable Hulk verdâtre, borgne, griffu, à la recherche exaspérée de sa nourriture – les billets de banque et les fleurs –, qu’il dévore en rotant. Un grand moment farcesque où le monstre se déplace, rampant, glissant, galopant, biscornu, semant l’effroi et le dégoût parmi les humains, jusqu’à être, enfin, maîtrisé par les forces de l’Ordre et traduit en Justice. Alors, un cran au dessus, voici son procès très formaté dans une société froidement démocrate. Cela prend des proportions folles car le monstre parle une langue inconnue, toute en gestes, borborygmes, bonds. Seul un avocat foutraque le comprend et peut le défendre en jouant à égalité avec son client ( et c’est J.F Balmer qui visiblement se délecte dans ce rôle). Bravo et merci Carax, enfin de retour !

 

Après ce tumulte délirant, soudain le calme. Avec le 3e volet de Bong Joon-ho, nous sommes dans un quartier apaisé, aseptisé, vide, où un homme dodu vit (est-ce ainsi que les homes vivent…?) sa vie de "hikikomori" (comportement pathologique en forte progression au Japon) ; depuis 10 ans il se limite aux quatre murs de son   appartement, il commande et reçoit par  Internet tout ce dont il a besoin, papier-cul,   savon, journaux et nourriture. Il va bien, tapi derrière ses entassements de provisions empilées, étiquetées, prévues, sans aucun contact avec le moindre être humain, tout lui arrive dans sa profonde boîte aux lettres. Le dérèglement va venir d’une jeune livreuse de pizzas, incompatible avec ce bel ordonnancement. Alors comme ça, il y a des humains au-delà de mes murs, des rues, des gestes de reconnaissance et peut-être d’amour ??

Et voilà ! 1h50 se sont écoulées et vous avez été sous le charme, emmenés d’une fantaisie à une autre, sans heurt, avec une douce satisfaction que vous    partagerez également, j’espère.                                                      

 Odette Bellevenue

 

 

Horaires des séances  

    
 jeu. 12  Février   19h45

  ven. 13  Février   14h00
 sam. 14  Février   16h30
  dim. 15  Février   19h45

  lun.  16  Février   16h30
  mar.17  Février   19h45

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