Sao Paulo is black !
« Linha de passe »
Brésil / États-Unis -2008 ; sortie : mars 2009
Durée : 1h53
Réalisation : Walter Salles et Daniela Thomas
Avec : Sandra Corveloni, João Baldasserini, José Geraldo Rodrigues…
Après Carnets de Voyage , Walter Salles, accompagné de Daniela Thomas, sa compagne, revient à ses premiers amours : le Brésil, la famille, la pauvreté, thèmes déjà abordés dans Central Do Brasil, mais cette fois ci, sans le mélodramatique larmoyant. D’un réalisme sobre, il nous montre une ville tentaculaire, sombre, sale, loin de la carte postale affichée habituellement, et suit le parcours d’une mère, Cleuza, et de ses 4 fils qu’elle a eu de pères différents. Différence de sang, différence de peau, différence de vie, différence de rêve, par un subtil montage en forme de puzzle, le cinéaste brosse à petites touches les portraits sensibles et émouvants de ces cinq personnages et permet de réaliser une radiographie authentique de la société brésilienne actuelle. De Reginaldo, vrai-faux conducteur de bus, qui cherche son père et ses origines, Dinho, le croyant, le religieux, Denis, le coursier à moto qui veut gagner plus d’argent et Dario qui rêve de devenir footballeur professionnel, tous vont être confrontés à la dure réalité de l’argent et souffriront de cette discrimination sociale. Véritable pivot, pilier de cette fratrie non conventionnelle, la mère tentera de les raisonner, malgré sa situation également difficile : elle attend un cinquième enfant d’un père, une nouvelle fois, inconnu et devra faire avec pour gagner sa vie.
Tous galèrent sérieusement. Franchir la ligne, mettre à mal ses croyances et ses convictions pour se réaliser, affronter ses échecs, le titre « linha de passe » désigne un échange de passes entre joueurs d’une même équipe de football sans que le ballon touche le sol ou soit intercepté par l’équipe adverse. C’est en utilisant cette métaphore de la famille brésilienne qui tente de s’entraider dans cette société n’offrant que corruption, violence et pauvreté que Walter Salles construit son film à mi chemin entre la fiction et le documentaire. Car, au travers de cette famille, c’est tout un pays qu’il croque, un pays à la dérive qui s’accroche aux dernières planches du salut qui lui reste : la religion, l’argent, le football…. C’est triste, simple, attachant, émouvant et angoissant. Accompagné par la musique de Gustavo Santaolalla, n’hésitant pas à utiliser les rythmes de Carinhos Brown notamment pour filmer les scènes de football, un peu cliché il est vrai, la mise en scène reste identique pour chaque personnage. D’un rythme assez lent, on peut être surpris par la méthode « zapping », hachée, pour passer d’une histoire à une autre mais on ne pourra rester insensible à l’excellent jeu des acteurs et à l’interprétation de Sandra Corveloni, qui a obtenu le prix d’interprétation féminine à Cannes en 2008.
Coloré, réaliste et juste, ce film ne vous laissera pas indifférent.
C.A
Horaires des séances
jeu. 18 Juin
19h45
ven. 19 Juin
14h00
sam. 20 Juin 16h30
dim. 21 Juin 19h45
lun. 22 Juin 16h30
mar. 23 Juin 19h45
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