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Les fiches des films

Jeudi 27 août 1998 4 27 /08 /1998 23:11

Complètement Balzac, totalement Rivette

NE TOUCHEZ PAS LA HACHE

France – 2007 Durée : 2h17

Réalisation : Jacques Rivette

Scénario : J. Rivette, Pascal Bonitzer, Christine Laurent, d'après le roman de Balzac « La Duchesse de Langeais »

Avec : Jeanne Balibar, Bulle Ogier, Guillaume Depardieu, Michel Piccoli ...

Après La Belle Noiseuse (1990), La Duchesse de Langeais est la seconde oeuvre de Balzac que Rivette adapte au cinéma. La première adaptation date de 1941, par Jean de Baroncelli, avec Edwige Feuillère et Pierre-Richard Wilm.

Le roman de Balzac se déroule sous la Restauration, dans les salons de l'aristocratie parisienne. La duchesse Antoinette de Langeais, brillante et mondaine, vit séparée de son mari. Son jeu préféré : séduire des hommes et se refuser. Quand elle rencontre le général Armand de Montriveau, connu pour ses hauts faits de guerre dans de lointains pays, elle le séduit sans difficultés. C'est un ours mal léché, l'exact contraire d'un homme du monde. Il s'enflamme pour Antoinette qui se dérobe avec grâce et esprit, pour des motifs soi-disant moraux ou religieux. Montriveau, au comble de la passion frustrée, avertit la duchesse : « Ne touchez pas la hache !», (titre original de Balzac, et allusion à la décapitation du roi d'Angleterre Charles Ier, en 1649). Antoinette l'a humilié, il va se venger, et avec violence...

On ne dévoilera rien de plus. Précisons seulement que c'est l'histoire d'un couple dont le désir amoureux n'est jamais en phase. Rivette déclare : « J'ai recherché la fidélité et la simplicité » (interview, Nouvel Observateur). La plupart des dialogues sont ceux du roman. Rivette ne supprime que les passages sur la situation politique et sociale de l'époque (qui auraient allongé la durée du film). Cette fidélité n'empêche pas le film d'être très personnel, même au sein de la filmographie du réalisateur.

La mise en scène est marquée par le théâtre (comme toujours chez Rivette). Surviennent de vrais coups de théâtre, imprimant au film un rythme puissant, à la fois raffiné et sauvage. (cf. Les Cahiers du Cinéma, où J.M. Frodon évoque la «sauvagerie du cinéma de Rivette »).

Jeanne Balibar est subtile, dévoilant une fragilité qu'on ne soupçonnait pas dans son jeu. Guillaume Depardieu joue, avec justesse, un personnage à l'opposé de celui de sa partenaire : sobre et gauche, aussi austère et inquiet qu'elle est mondaine et frivole.

Rivette explique : «J'avais envie de travailler de nouveau avec Jeanne Balibar en lui donnant un rôle très différent de celui de Va savoir... Les deux personnages se disputent de façon très allusive et cela produit quelque chose d'énigmatique : l'objet précis de la dispute n'est jamais nommé. Le centre du film est constitué par une partie d'échecs dont les règles nous sont inconnues, comme elles le sont pour les deux adversaires... Ce qui ne les empêche pas de tricher » (le Nouvel Observateur).

J. Balibar s'exprime sur son travail avec G. Depardieu : « On fait un beau couple de cinéma. C'est sûrement lié à des résonances profondes entre lui et moi, mais c'est aussi dû au fait qu'on a pris beaucoup de plaisir à se faire jouer l'un l'autre. ». Le couple sert magnifiquement le film de Rivette et le roman de Balzac. Il est entouré par de grands acteurs, en particulier Bulle Ogier et Michel Piccoli. L'histoire de ce couple qui ne se réalise jamais et qui se termine tragiquement n'est pourtant pas une tragédie. « Il s'agit plutôt d'une énigme, comme toutes les grandes histoires » ( Télérama n° 2985, Louis Guichard rejoignant le propos de Rivette).

Lorsque le film s'achève, ce qui reste n'est pas une impression de drame, mais celle d'avoir vécu un moment intense de cinéma.  

                                                   Hélène Perret

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Jeudi 27 mars 2003 4 27 /03 /2003 15:36

Si une étoile s’allume dans le ciel à chaque fois qu’un soldat est tué, bientôt il n’y aura plus de place pour la nuit.

 

L’ETOILE DU SOLDAT 

France / Afghanistan – 2005
Durée : 1h45
Réalisation : Christophe de Ponfilly
Avec : Sacha Bourdo, Patrick Chauvel, Mohammad Amin et des soldats de l’armée afghane.

Rappel :
Peut-être vous souvenez-vous du film du même Christophe de Ponfilly, un documentaire nommé Massoud l’Afghan, tourné dans ces mêmes montagnes du Panjshir en 1988 (il a été programmé par le Ciné-casino à sa sortie) . À ce moment la guerre opposait d’un côté les talibans mis en place par la diplomatie américaine pour contrer les troupes russes venues au secours du régime fantoche de Kaboul d’alors, de l’autre les moudjahidin du commandant Ahmed Chah Massoud. Celui-ci était un grand ami de Christophe de Ponfilly à tel point que lorsque Massoud a été traîtreusement assassiné, Ponfilly n’a pas supporté la mort de son ami où il l’a rejoint peu de temps après. Cela se passait un an après le moment où cette fiction a été réalisée.

Naissance d’une fiction
En 1981, C. de Ponfilly se rend clandestinement en Afghanistan,  pour témoigner de la résistance du peuple afghan à l’invasion des troupes soviétiques. Il y tourne son premier reportage qui sera diffusé dans le monde par plusieurs télévisions. Et pour continuer à raconter l’Afghanistan, il va tourner un film de fiction, évidemment basé sur des faits réels et vécus, sur des personnages rencontrés et aimés.
Le réalisateur a rencontré Nikolaï son héros au moment où il tentait déjà d’alerter l’opinion internationale sur l’erreur des Américains à alimenter le terrorisme islamiste au lieu de s’appuyer sur des opposants politiques tel Massoud.

Le film :
1984, Nikolaï jeune farfelu de 20 ans pense aux filles et à sa musique dite « rock », rien de plus banal ! Mais il est convoqué pour faire son service militaire dans l’armée  – encore rouge – et le voilà qui débarque en Afghanistan comme des milliers d’autres. Il n’en a rien à faire de cette guerre qui n’est pas la sienne, pas la leur. Et la peur au ventre, il se trouve balancé dans un monde de violence, de viols et d’exactions.
Un jour, il est capturé par des moudjahidins du commandant Massoud, emmené dans les montagnes par des résistants afghans ; les uns veulent le tuer, les autres voient naître en eux de la compassion pour lui….Passe alors par là le journaliste français nommé Vergos…véritable alter ego du réalisateur.

L’auteur :
C’est un autodidacte du reportage ; par son besoin de témoigner, il ne sera vraiment reconnu qu’avec  Massoud l’Afghan . Il a réalisé,  en ses 26 ans d’activité, plus de quarante documentaires dont certains ont été consacrés au drame que vit l’Afghanistan depuis plus de trente ans. Il a fait ce travail de témoin car, selon lui « une caméra peut être une arme bien plus efficace qu’une kalachnikov. Et j’ai trop horreur des armes et de ce qu’elles font subir aux hommes pour avoir la tentation de vouloir en saisir une.»

Deux personnages remarquables :
Merveilleux Sacha Bourdo ( le petit gars de  Western ), il est LE personnage de ce film ; son interprétation tantôt douce, intériorisée tantôt explosive, apporte émotion et dramatisation aux relations entre le prisonnier (Nikolaï) et les geôliers afghans. On en arrive parfois à douter du caractère fictionnel de cette œuvre et on peut croire à un documentaire en la visionnant…Christophe de Ponfilly était un grand reporter.              

J-M. Carré.
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Jeudi 27 mars 2003 4 27 /03 /2003 15:36

Si une étoile s?allume dans le ciel à chaque fois qu?un soldat est tué, bientôt il n?y aura plus de place pour la nuit.

 

L?ETOILE DU SOLDAT 

France / Afghanistan ? 2005
Durée : 1h45
Réalisation : Christophe de Ponfilly
Avec : Sacha Bourdo, Patrick Chauvel, Mohammad Amin et des soldats de l?armée afghane.

Rappel :
Peut-être vous souvenez-vous du film du même Christophe de Ponfilly, un documentaire nommé Massoud l?Afghan, tourné dans ces mêmes montagnes du Panjshir en 1988 (il a été programmé par le Ciné-casino à sa sortie) . À ce moment la guerre opposait d?un côté les talibans mis en place par la diplomatie américaine pour contrer les troupes russes venues au secours du régime fantoche de Kaboul d?alors, de l?autre les moudjahidin du commandant Ahmed Chah Massoud. Celui-ci était un grand ami de Christophe de Ponfilly à tel point que lorsque Massoud a été traîtreusement assassiné, Ponfilly n?a pas supporté la mort de son ami où il l?a rejoint peu de temps après. Cela se passait un an après le moment où cette fiction a été réalisée.

Naissance d?une fiction
En 1981, C. de Ponfilly se rend clandestinement en Afghanistan,  pour témoigner de la résistance du peuple afghan à l?invasion des troupes soviétiques. Il y tourne son premier reportage qui sera diffusé dans le monde par plusieurs télévisions. Et pour continuer à raconter l?Afghanistan, il va tourner un film de fiction, évidemment basé sur des faits réels et vécus, sur des personnages rencontrés et aimés.
Le réalisateur a rencontré Nikolaï son héros au moment où il tentait déjà d?alerter l?opinion internationale sur l?erreur des Américains à alimenter le terrorisme islamiste au lieu de s?appuyer sur des opposants politiques tel Massoud.

 

Le film :

1984, Nikolaï jeune farfelu de 20 ans pense aux filles et à sa musique dite « rock », rien de plus banal ! Mais il est convoqué pour faire son service militaire dans l?armée  ? encore rouge ? et le voilà qui débarque en Afghanistan comme des milliers d?autres. Il n?en a rien à faire de cette guerre qui n?est pas la sienne, pas la leur. Et la peur au ventre, il se trouve balancé dans un monde de violence, de viols et d?exactions.
Un jour, il est capturé par des moudjahidins du commandant Massoud, emmené dans les montagnes par des résistants afghans ; les uns veulent le tuer, les autres voient naître en eux de la compassion pour lui?.Passe alors par là le journaliste français nommé Vergos?véritable alter ego du réalisateur.

 

L?auteur :

C?est un autodidacte du reportage ; par son besoin de témoigner, il ne sera vraiment reconnu qu?avec  Massoud l?Afghan . Il a réalisé,  en ses 26 ans d?activité, plus de quarante documentaires dont certains ont été consacrés au drame que vit l?Afghanistan depuis plus de trente ans. Il a fait ce travail de témoin car, selon lui « une caméra peut être une arme bien plus efficace qu?une kalachnikov. Et j?ai trop horreur des armes et de ce qu?elles font subir aux hommes pour avoir la tentation de vouloir en saisir une.»

 

Deux personnages remarquables :

Merveilleux Sacha Bourdo ( le petit gars de  Western ), il est LE personnage de ce film ; son interprétation tantôt douce, intériorisée tantôt explosive, apporte émotion et dramatisation aux relations entre le prisonnier (Nikolaï) et les geôliers afghans. On en arrive parfois à douter du caractère fictionnel de cette ?uvre et on peut croire à un documentaire en la visionnant?Christophe de Ponfilly était un grand reporter.              

J-M. Carré.

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Jeudi 27 mars 2003 4 27 /03 /2003 15:36

Si une étoile s'allume dans le ciel à chaque fois qu'un soldat est tué, bientôt il n'y aura plus de place pour la nuit.

 

L'ÉTOILE DU SOLDAT 

France / Afghanistan ? 2005
Durée : 1h45
Réalisation : Christophe de Ponfilly
Avec : Sacha Bourdo, Patrick Chauvel, Mohammad Amin et des soldats de l'armée afghane.

Rappel :
Peut-être vous souvenez-vous du film du même Christophe de Ponfilly, un documentaire nommé Massoud l'Afghan, tourné dans ces mêmes montagnes du Panjshir en 1988 (il a été programmé par le Ciné-casino à sa sortie) . À ce moment la guerre opposait d'un côté les talibans mis en place par la diplomatie américaine pour contrer les troupes russes venues au secours du régime fantoche de Kaboul d'alors, de l'autre les moudjahidin du commandant Ahmed Chah Massoud. Celui-ci était un grand ami de Christophe de Ponfilly à tel point que lorsque Massoud a été traîtreusement assassiné, Ponfilly n'a pas supporté la mort de son ami où il l'a rejoint peu de temps après. Cela se passait un an après le moment où cette fiction a été réalisée.

Naissance d'une fiction
En 1981, C. de Ponfilly se rend clandestinement en Afghanistan,  pour témoigner de la résistance du peuple afghan à l'invasion des troupes soviétiques. Il y tourne son premier reportage qui sera diffusé dans le monde par plusieurs télévisions. Et pour continuer à raconter l'Afghanistan, il va tourner un film de fiction, évidemment basé sur des faits réels et vécus, sur des personnages rencontrés et aimés.
Le réalisateur a rencontré Nikolaï son héros au moment où il tentait déjà d'alerter l'opinion internationale sur l'erreur des Américains à alimenter le terrorisme islamiste au lieu de s'appuyer sur des opposants politiques tel Massoud.

Le film :

1984, Nikolaï jeune farfelu de 20 ans pense aux filles et à sa musique dite « rock », rien de plus banal ! Mais il est convoqué pour faire son service militaire dans l'armée  ? encore rouge ? et le voilà qui débarque en Afghanistan comme des milliers dautres. Il n'en a rien à faire de cette guerre qui n'est pas la sienne, pas la leur. Et la peur au ventre, il se trouve balancé dans un monde de violence, de viols et d'exactions.
Un jour, il est capturé par des moudjahidins du commandant Massoud, emmené dans les montagnes par des résistants afghans ; les uns veulent le tuer, les autres voient naître en eux de la compassion pour lui... Passe alors par là le journaliste français nommé Vergos... véritable alter ego du réalisateur.

L'auteur :

C'est un autodidacte du reportage ; par son besoin de témoigner, il ne sera vraiment reconnu qu'avec  Massoud l'Afghan . Il a réalisé,  en ses 26 ans d'activité, plus de quarante documentaires dont certains ont été consacrés au drame que vit l'Afghanistan depuis plus de trente ans. Il a fait ce travail de témoin car, selon lui « une caméra peut être une arme bien plus efficace qu'une kalachnikov. Et j'ai trop horreur des armes et de ce qu'elles font subir aux hommes pour avoir la tentation de vouloir en saisir une.»

Deux personnages remarquables :

Merveilleux Sacha Bourdo ( le petit gars de  Western ), il est LE personnage de ce film ; son interprétation tantôt douce, intériorisée tantôt explosive, apporte émotion et dramatisation aux relations entre le prisonnier (Nikolaï) et les geôliers afghans. On en arrive parfois à douter du caractère fictionnel de cette oeuvre et on peut croire à un documentaire en la visionnant... Christophe de Ponfilly était un grand reporter.              

J-M. Carré.

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Si une étoile s'allume dans le ciel à chaque fois qu'un soldat est tué, bientôt il n'y aura plus de place pour la nuit.

 

L'ÉTOILE DU SOLDAT 

France / Afghanistan – 2005
Durée : 1h45
Réalisation : Christophe de Ponfilly
Avec : Sacha Bourdo, Patrick Chauvel, Mohammad Amin et des soldats de l'armée afghane.

Rappel :
Peut-être vous souvenez-vous du film du même Christophe de Ponfilly, un documentaire nommé Massoud l'Afghan, tourné dans ces mêmes montagnes du Panjshir en 1988 (il a été programmé par le Ciné-casino à sa sortie) . À ce moment la guerre opposait d'un côté les talibans mis en place par la diplomatie américaine pour contrer les troupes russes venues au secours du régime fantoche de Kaboul d'alors, de l'autre les moudjahidin du commandant Ahmed Chah Massoud. Celui-ci était un grand ami de Christophe de Ponfilly à tel point que lorsque Massoud a été traîtreusement assassiné, Ponfilly n'a pas supporté la mort de son ami où il l'a rejoint peu de temps après. Cela se passait un an après le moment où cette fiction a été réalisée.

Naissance d'une fiction
En 1981, C. de Ponfilly se rend clandestinement en Afghanistan,  pour témoigner de la résistance du peuple afghan à l'invasion des troupes soviétiques. Il y tourne son premier reportage qui sera diffusé dans le monde par plusieurs télévisions. Et pour continuer à raconter l'Afghanistan, il va tourner un film de fiction, évidemment basé sur des faits réels et vécus, sur des personnages rencontrés et aimés.
Le réalisateur a rencontré Nikolaï son héros au moment où il tentait déjà d'alerter l'opinion internationale sur l'erreur des Américains à alimenter le terrorisme islamiste au lieu de s'appuyer sur des opposants politiques tel Massoud.

Le film :
1984, Nikolaï jeune farfelu de 20 ans pense aux filles et à sa musique dite « rock », rien de plus banal ! Mais il est convoqué pour faire son service militaire dans l'armée  – encore rouge – et le voilà qui débarque en Afghanistan comme des milliers d'autres. Il n'en a rien à faire de cette guerre qui n'est pas la sienne, pas la leur. Et la peur au ventre, il se trouve balancé dans un monde de violence, de viols et d'exactions.
Un jour, il est capturé par des moudjahidins du commandant Massoud, emmené dans les montagnes par des résistants afghans ; les uns veulent le tuer, les autres voient naître en eux de la compassion pour lui... Passe alors par là le journaliste français nommé Vergos... véritable alter ego du réalisateur.

L'auteur :
C'est un autodidacte du reportage ; par son besoin de témoigner, il ne sera vraiment reconnu qu'avec  Massoud l'Afghan . Il a réalisé,  en ses 26 ans d'activité, plus de quarante documentaires dont certains ont été consacrés au drame que vit l'Afghanistan depuis plus de trente ans. Il a fait ce travail de témoin car, selon lui « une caméra peut être une arme bien plus efficace qu'une kalachnikov. Et j'ai trop horreur des armes et de ce qu'elles font subir aux hommes pour avoir la tentation de vouloir en saisir une.»

Deux personnages remarquables :
Merveilleux Sacha Bourdo ( le petit gars de  Western ), il est LE personnage de ce film ; son interprétation tantôt douce, intériorisée, tantôt explosive, apporte émotion et dramatisation aux relations entre le prisonnier (Nikolaï) et les geôliers afghans. On en arrive parfois à douter du caractère fictionnel de cette oeuvre et on peut croire à un documentaire en la visionnant... Christophe de Ponfilly était un grand reporter.              

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Si une étoile s'allume dans le ciel à chaque fois qu'un soldat est tué, bientôt il n'y aura plus de place pour la nuit.

 

L'ÉTOILE DU SOLDAT 

France / Afghanistan – 2005
Durée : 1h45
Réalisation : Christophe de Ponfilly
Avec : Sacha Bourdo, Patrick Chauvel, Mohammad Amin et des soldats de l'armée afghane.

Rappel :
Peut-être vous souvenez-vous du film du même Christophe de Ponfilly, un documentaire nommé Massoud l'Afghan, tourné dans ces mêmes montagnes du Panjshir en 1988 (il a été programmé par le Ciné-casino à sa sortie) . À ce moment la guerre opposait d'un côté les talibans mis en place par la diplomatie américaine pour contrer les troupes russes venues au secours du régime fantoche de Kaboul d'alors, de l'autre les moudjahidin du commandant Ahmed Chah Massoud. Celui-ci était un grand ami de Christophe de Ponfilly à tel point que lorsque Massoud a été traîtreusement assassiné, Ponfilly n'a pas supporté la mort de son ami où il l'a rejoint peu de temps après. Cela se passait un an après le moment où cette fiction a été réalisée.

Naissance d'une fiction
En 1981, C. de Ponfilly se rend clandestinement en Afghanistan,  pour témoigner de la résistance du peuple afghan à l'invasion des troupes soviétiques. Il y tourne son premier reportage qui sera diffusé dans le monde par plusieurs télévisions. Et pour continuer à raconter l'Afghanistan, il va tourner un film de fiction, évidemment basé sur des faits réels et vécus, sur des personnages rencontrés et aimés.
Le réalisateur a rencontré Nikolaï son héros au moment où il tentait déjà d'alerter l'opinion internationale sur l'erreur des Américains à alimenter le terrorisme islamiste au lieu de s'appuyer sur des opposants politiques tel Massoud.

Le film :
1984, Nikolaï jeune farfelu de 20 ans pense aux filles et à sa musique dite « rock », rien de plus banal ! Mais il est convoqué pour faire son service militaire dans l'armée  – encore rouge – et le voilà qui débarque en Afghanistan comme des milliers d'autres. Il n'en a rien à faire de cette guerre qui n'est pas la sienne, pas la leur. Et la peur au ventre, il se trouve balancé dans un monde de violence, de viols et d'exactions.
Un jour, il est capturé par des moudjahidins du commandant Massoud, emmené dans les montagnes par des résistants afghans ; les uns veulent le tuer, les autres voient naître en eux de la compassion pour lui... Passe alors par là le journaliste français nommé Vergos... véritable alter ego du réalisateur.

L'auteur :
C'est un autodidacte du reportage ; par son besoin de témoigner, il ne sera vraiment reconnu qu'avec  Massoud l'Afghan . Il a réalisé,  en ses 26 ans d'activité, plus de quarante documentaires dont certains ont été consacrés au drame que vit l'Afghanistan depuis plus de trente ans. Il a fait ce travail de témoin car, selon lui « une caméra peut être une arme bien plus efficace qu'une kalachnikov. Et j'ai trop horreur des armes et de ce qu'elles font subir aux hommes pour avoir la tentation de vouloir en saisir une.»

Deux personnages remarquables :
Merveilleux Sacha Bourdo ( le petit gars de  Western ), il est LE personnage de ce film ; son interprétation tantôt douce, intériorisée tantôt explosive, apporte émotion et dramatisation aux relations entre le prisonnier (Nikolaï) et les geôliers afghans. On en arrive parfois à douter du caractère fictionnel de cette oeuvre et on peut croire à un documentaire en la visionnant... Christophe de Ponfilly était un grand reporter.              

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